À la fin de Décembre 2025 et début janvier 2026, l'Iran a connu une vague massive de manifestations publiques pacifiques, motivées par les difficultés économiques et l'effondrement de la monnaie nationale. Des personnes issues de toutes les couches de la société sont descendues dans la rue : lycéens, étudiants, travailleurs, enseignants et parents. Au lieu de répondre à leurs préoccupations légitimes, les autorités ont réagi par une répression brutale, des coupures généralisées d’Internet, des arrestations arbitraires et des accusations forgées de toutes pièces pour atteinte à la sécurité. Les rapports des militants confirment que plus de 50 000 citoyens ont été emmenés dans des centres de détention.
Derrière ces chiffres stupéfiants se cachent des êtres humains dont la vie est en jeu. Un élève qui devrait être assis dans une salle de classe au lycée est enfermé dans une cellule. Un jeune adulte qui se prépare à entrer à l'université est confronté à une condamnation à mort imminente. Un travailleur qui a manifesté pour réclamer un salaire décent est accusé de graves infractions à la loi, tandis que des familles attendent dans un silence angoissant, sans savoir si leurs enfants sont encore en vie.
Les enquêtes sur les droits de l'homme révèlent un schéma d'abus bien établi : l'isolement cellulaire prolongé, le refus d'une représentation juridique indépendante, les aveux forcés et les procès sommaires et factices. Au moins 20 manifestants ayant participé aux manifestations de janvier ont déjà été exécutés. Nous ne pouvons pas attendre de devoir pleurer d'autres victimes après que l'État leur aura ôté la vie ; nous devons intervenir avant que la potence ne soit à nouveau utilisée.
La présence de mineurs et d'adolescents parmi les condamnés constitue l'un des aspects les plus douloureux de cette vague de répression. Des enfants âgés d'à peine 15 ans ont été arrêtés ou tués dès les premiers jours des manifestations. Les enfants ne doivent en aucun cas être traités comme des prisonniers politiques, subir des violences physiques, être jugés à huis clos ou condamnés à mort. L'association Welle agit aujourd'hui pour que ces jeunes ne soient pas réduits à de simples chiffres oubliés dans les récits historiques.
Notre travail s'inscrit dans un cadre bien établi, utilisé par les organisations internationales de défense des droits de l'homme pour protéger les personnes en danger immédiat:
Recherche et vérification des dossiers Nous recueillons des données vérifiées concernant les dates d'arrestation, les chefs d'accusation, les lieux de détention et les besoins médicaux afin d'établir des profils complets des cas qui contredisent les versions officielles..
Défense et plaidoyer judiciaires Nous contestons la légalité des aveux obtenus sous la contrainte, exigeons l'accès à un avocat indépendant et faisons pression sur les autorités judiciaires pour qu'elles abandonnent les poursuites passibles de la peine de mort.
Communication médiatique centrée sur l'humain Nous partageons histoires personnelles sur les plateformes publiques, en plusieurs langues, afin que le public international puisse découvrir les visages humains qui se cachent derrière la répression d'État.
Engagement diplomatique Nous travaillons en collaboration directe avec les ministères des Affaires étrangères, les représentants de l'ONU et les organismes internationaux afin d'exiger des mesures diplomatiques et de faire pression sur les ambassades iraniennes à travers le monde.
Pétitions publiques mondiales Nous mobilisons la société civile internationale, les réseaux juridiques et les milieux universitaires autour d’une campagne d’urgence appelant à l’arrêt immédiat de toutes les exécutions.
Pour saisir l'urgence de cette crise, nous nous intéressons aux jeunes dont la vie est directement en jeu:
- Parsa Ghasemi (17 ans) : Un lycéen de Behaban a été interpellé lors des manifestations de janvier. Parsa avait déjà été arrêté en 2024. Il fait désormais l'objet d'accusations qui l'exposent à la peine de mort, alors qu'il aurait dû terminer ses études.
- Alireza Masnou (16 ans) : Il est détenu dans un climat d'incertitude juridique au Centre correctionnel et de réinsertion pour mineurs de Gorgan. Selon certaines informations, il aurait subi de fortes pressions pour signer des aveux obtenus sous la contrainte.
- Soroush Karami (18 ans) : Arrêté le 8 janvier 2026, Soroush a été placé à l'isolement pendant plus de cinq mois avant d'être transféré au quartier de haute sécurité de la prison de Diesel-Abad, à Kermanshah. Il est accusé de Moharebeh (hostilité envers Dieu), un délit passible de la peine de mort.
- Shervin Bagherian Jebelli (18 ans) : Condamné à mort à deux reprises à la suite de son arrestation lors des manifestations de janvier, sur la base d’aveux obtenus sous la contrainte lors du procès collectif de la “ place Ali Khani ”. Sur les douze jeunes inculpés dans cette seule affaire, cinq ont déjà été exécutés : Erfan Esfandiari, Gol-Mohammad Mohammadi, Abolfazl Sepahi Badjani, Amir-Hossein Safari Hossein-Abadi et Ghaem Hosseini.
L'association Welle présente un ensemble clair de revendications urgentes visant à protéger ces jeunes vies:
- La suspension immédiate de toutes les condamnations à mort en cours liées à des manifestations publiques.
- La libération sans condition de tous les lycéens et mineurs détenus.
- La fin immédiate des aveux extorqués, de la torture physique et des détentions arbitraires.
- Un accès sans restriction à une représentation juridique indépendante pour tous les détenus.
- Des procédures judiciaires publiques et équitables, en présence de représentants internationaux.
Cette initiative ne relève pas de la politique abstraite ; il s’agit de protéger la vie humaine dans son essence même. Chaque jour de silence rapproche un peu plus une jeune vie de la potence. Nous appelons les citoyens, les organisations juridiques, les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme du monde entier à se joindre à nous : signez notre pétition, partagez ces témoignages et exigez que vos représentants agissent avant qu’il ne soit trop tard.
“Aucune manifestation ne justifie une condamnation à mort, et aucun enfant ne devrait jamais être condamné à la peine capitale.“